Quand l' Afrique du Nord n'était pas encore entièrement désertique



Nos connaissances actuelles de nature scientifique et notre interprétation des sources historiques indiquent un environnement nord africain de type désertique, dans la totalité de ce territoire, au moins depuis le début de l' ère chrétienne.
Ainsi, l'étude des lames sédimentaires d'un lac tchadien (1), en conclu comme une désertification du Sahara lente et progressive, depuis 6000 ans.
Cependant de nombreux indices laissent penser que cette désertification ne s'est pas développée de manière uniforme dans tout ce qu'est aujourd'hui le Sahara. Il faudrait peut être faire une distinction entre le Sahara occidental et le Sahara oriental qui ne semblent pas avoir connu le même processus de désertification, de même que la partie septentrionale du continent par rapport à l' intérieur des terres. Cette hypothèse à souvent été proposée par des historiens du XIX ème siècle, jusque dans les années 70 du siècle dernier, même s'il faut admettre que le nombre d'indices le confirmant sont trop peu nombreux pour en faire une certitude. Cependant ces indices sont bien plus nombreux que ceux qui font que "l'on sait" que tout le Sahara était un désert au début de l' ére chrétienne, voire, au VI ème siècle !


Sources historiques approuvant une désertification totale de l' Afrique du Nord, avant, ou au début de l'ère chrétienne.

Hérodote décrivait cette région au V ème siècle avant JC comme: "une zone de sable, qui s'étend depuis Thèbes d' Egypte jusqu' aux Colonnes d' Héraclès..." (1)

Pomponius Mela, le plus ancien géographe romain, au début de l'ère chrétienne: "La plus grande partie de l' Afrique est inculte et recouverte de sables stériles, ou déserte à cause de la sécheresse du ciel et des terres." (2)

Voici deux sources explicites approuvant une désertification totale de l' Afrique du Nord au début de l'ère chrétienne, la thèse aujourd'hui acceptée par la majorité des historiens. Pourtant nous pourrons constater que ces deux auteurs se contredisent sur ce point. Pomponius Mela, par exemple. nous a légué une carte du monde (voir ci dessous) dans laquelle l' Afrique est connue jusqu'aux environs des latitudes du sud de l' Ethiopie, mais surtout pourvue de cours d'eau qui se jettent dans la Méditerranée, tout le long des ses cotes septentrionales.

D'autres témoignages historiques sont utilisés pour démontrer cette hypothèse, malheureusement ceux ci décrivent précisément la région libyenne, ou l' Ethiopie (mot aussi utilisé pour désigner l' Afrique Noire) et non toute l' Afrique du Nord (3).

(1) Hérodote, IV,181
(2) Pomponius Mela, I, 31



Hérodote désapprouve une désertification totale de l' Afrique du Nord avant l' ére chrétienne.
Hérodote, qui, comme nous l'avons vu, aurait "certifié" l' Afrique du Nord "comme une zone de sable" qui s'étendrait d' Egypte à Gibraltar, semble pourtant faire ici une grande distinction entre l' est de l' Afrique du nord, et l'ouest: " Cette région (l' Algérie) et le reste de la Libye en direction de l'ouest, sont plus peuplées de fauves et couverte de forets que celle des nomades (Le Sahara central et oriental, seraient à cette époque des régions toujours fréquentées par des routes praticables). Ainsi, la Libye orientale où vivent les nomades est plane et sablonneuse jusqu' au fleuve Triton (que l'on identifie aujourd'hui avec l' Oued Mellègue ou El Hamma en Tunisie), mais pour ce qui est de la région située à l'ouest de ce fleuve, habitée par des agriculteurs, elle est très montagneuse, arborée et remplie d'animaux sauvages." (1)

Même pour ce qui est de la région libyenne, Hérodote semble faire une distinction entre sa zone septentrionale et ses terres intérieures: "A l'intérieur de la Libye, le pays est désertique, sans eau, sans animaux, sans pluies, sans forets, dépourvu de quelque sorte d'humidité" (2), région à ce moment encore habitée par des nomades. " A ma connaissance, on ne peut comparer la fertilité de la Libye avec celle d' Asie ou d' Europe, à l' exception de la Cirénaïque. On peut la comparer avec les terres les plus productives et ne ressemble en rien au reste de la Libye. Son sol est noir et bien arrosé par des sources. Il n'y a pas de sécheresse à craindre, ni même de destructions causées par un excès d' eau, ainsi il pleut dans cette partie de la Libye. Le produit de la récolte est dans la même proportion avec la semence qu' à Babylone. Le territoire que (les habitants de Benghazi) cultivent, est aussi très fertile. Elle rend, en effet, cent pour un durant les meilleures années; mais en Cyrénaïque on produit jusqu'à trois cent pour un." (3)
"Depuis Auguila, à une distance de dix journées de marche se trouve une autre éminence de sel, d' eau et un grand nombre de palmeraies qui donnent leur fruits comme ailleurs. Des hommes vivent dans cette région et sont très nombreux. Il se nomment les garamantes....Ils possèdent des boeufs...ils chassent les éthiopiens troglodytes avec des chariot tirés par quatre chevaux."(4)

Hérodote décrit maintenant la région de l' Atlas: "La montagne nommée Atlas est ronde et étroite dans tous ses cotés, tellement haute qu'il est impossible d'en voir le sommet, à ce qu'on dit, les nuages ne se séparent jamais d'elle, ni en été, ni en hiver." (5)

.(1) Stéphane Gsell, "Hérodote. Textes relatifs à l' histoire de l' Afrique du Nord"
      Hérodote, CXCI
(2) Hérodote, XXXII
      Hérodote CXCVIII
(4) Hérodote CLXXXIII
(5) Hérodote CLXXXIV


Les éléphants de Carthage 
"Tout le monde sait", si on a bien écouté en classe d' histoire, qu' Hannibal le carthaginois a tenté d'envahir la Rome Antique à l' aide d'éléphants, au III ème siècle av JC. Bien que la plupart des 30, 40 exemplaires d' Hannibal n'aient pas survécus à la traversée des Alpes, leur présence dans cette armée évoque une Afrique du Nord de l'époque très distincte de l'actuelle. Ces animaux étaient fournis par les numides (1), peuple vivant dans l' actuelle partie septentrionale de l' Algérie.
Ces animaux boivent 180 litres d' eau par jours et consomment de grande quantité de pâturages. Les éléphants ne vivent pas dans des endroits désertiques, et leur présence généralisée dans toute l' Afrique de l' Ouest semble être attestée par la présence actuelle de 50 éléphants au Sénégal, environ 350 au Mali et 600 au Niger (2). On estime qu'une population d'éléphants en dessous de 2000 individus est menacée d'extinction. Selon Thernistios, au iV ème siècle ap JC, les éléphants d' Afrique du Nord avaient disparus, et 300 ans plus tard Isidore de Séville évoquera ce souvenir avec mélancolie.(3)

(3) Ignacio Olague, "Los arabes nunca invadieron España"

Les expéditions romaines en Afrique
Lors de ses voyages en Afrique qui l'ont mené jusqu' au Tassili, Henri Lhote a pu reconstituer la route des deux expéditions romaines jusqu' au fleuve Niger, citées par Pline, menées par Septimus Flaccus en 70 ap JC et Julius Mantinus en 86 ap JC. (1) Ce chemin part d' Oea (Tripoli), passe par Cidamus (Ghadamès) jusqu' au pied du Tassili, pour finir à Gao, dans le Mali actuel, (voir la carte ci dessus avec l' itinéraire grossier de ces expéditions montrée par des points noirs).
Il faut savoir ces deux traversées ont été faites à cheval, le chameau ayant été généralisé bien plus tard comme nous le verrons plus loin. Si un cheval boit 40 litres d'eau par jours, il est impossible que cette expédition militaire ai eu lieu dans un endroit désertique comme l' est le Sahara à l' heure actuelle.

(1) Ignacio Olague, "Los arabes nunca invadieron España"

Le cheval et le chameau dans l' ouest africain
Le cheval aurait été introduit en Afrique quand les Hyksos ont envahi l' Egypte Antique, supposément, à partir du XVII ème siècle av JC. Présent sur les fresques du Tassili, le cheval y est représenté ainsi que des embarcations de style égyptien, ce qui laisse supposer que ces navires pouvaient peut être naviguer sur d'autres fleuves africains que le Nil, et que le cheval à été certainement apporté dans l'ouest africain par l' Egypte Antique. Comme Hérodote le confirme, les garamantes les utilisaient déjà en plein Sahara.
Cet animal qui a besoin d'un environnement humide et des pluies adéquates, s'est tellement bien développé dans la région, que durant l'époque classique, les chevaux libyens et numides étaient célèbres pour leur vélocité, même Saint Isidore de Séville maintiendra cette réputation au VII ème siècle ap JC (1)
Le chameau était déjà présent dans l' Afrique du Nord du début de l'ère chrétienne, mais de manière discrète. Aussi présent dans les fresques du Tassili, le chameau succède au cheval dans l' art rupestre de cette région, donnant une impression de continuité (2) (4) L'animal est connu depuis les temps pharaoniques en Egypte mais n'y sera largement utilisé qu' à partir, possiblement, des temps de Ptolémée. Dans la région qui nous intéresse, dans l' ouest de l' Afrique, le chameau y a été introduit et généralisé bien plus tard. Le mot désignant le chameau est inexistant dans la langue berbère, de même qu'il n'est jamais mentionné au temps de la domination de Carthage. Pline l' Ancien, parle des chameaux de la Bactriane et de l' Arabie, et précise bien qu'ils viennent d' Orient.(3). Les chameaux auraient été introduits dans la région par les romains. Le premier texte décrivant une caravane avec un grand nombre de chameaux date du Bas Empire Romain, et est confirmé par d' autres textes du VI ème siècle.
Il est évident que ce passage du cheval au chameau accompagne un changement climatique dans l'ouest de l' Afrique, que l'on date au VI ème siècle ap JC.

(1) Ignacio Olague, "Los arabes nunca invadieron España"
(4) Ce qui peut laisser suggérer que ces peintures puissent être bien plus récentes que ce que l'on pense actuellement, c'est à dire entre -5000 et -1000 av JC. Il faudrait peut être les rajeunir de 1500 ans, pour qu'elles deviennent contemporaines de la popularisation du chameau par les romains dans la région. A moins que l' histoire se soit une fois de plus répétée...








Les sources arabes du IX ème au XI ème siècle, désapprouvent une désertification totale de l' Afrique du Nord














Le géographe El Yacoubi, du IX ème siècle, "restait surpris par l' aspect vert, l' abondance des eaux dans la région qui s'étend entre Qamzsda (Sidi bu Zid en Tunisie) et le bord de mer", c'est à dire sur une distance de 150 kilomètres (1).

Dans sa Description de l' Afrique Septentrionale (2), Al Bakri, du XI ème siècle, nous offre un grand nombre de détails qui "colleraient mal" dans un Maghreb actuel:"Badja ( à l' ouest de Tunis), grande ville, entourée de plusieurs ruisseaux, est bâtie sur une haute colline qui porte le nom d' Aîn es-Chems, située auprès de la porte du même nom et tout à fait au pied du rempart..........Badja renferme cinq bains, dont l'eau provient des sources dont nous avons parlé.....A l'extérieur de la ville on voit des sources en quantité innombrable, Badja est toujours couverte de nuages et de brouillards; les pluies et les rosées y sont très-abondantes; rarement le ciel s'y montre pur et serein; aussi les pluies de Badja sont elles passées en proverbe."

"Tebessa (dans les terres algériennes) est une grande et ancienne ville bâtie en pierre de taille. On y trouve une grande abondance de fruits..........Elle est située auprès d'une grande rivière, bordée de forets et de vergers; on y trouve surtout des noyers, dont le fruit est renommé pour sa grosseur et sa saveur. On remarque dans cette grande ville plusieurs salles voûtées, où les caravanes de voyageurs s'abritent avec leur animaux quand il tombe de la pluie ou de la neige. Une seule de ces salles peut contenir plus de deux mille bêtes de somme."

Dans son Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l' Afrique Septentrionale (3), Ibn Khaldun, au XIV ème siècle, donne enfin une mention explicite d'un "Sahara", l' Areg: "Du coté du sud est et du midi, le Maghreb a pour limite une barrière de sables mouvants, formant une ligne de séparation entre le pays des Berbères et celui des Noirs. Chez les arabes nomades, cette barrière porte le nom d' Areg (dunes). L' Areg commence du côté de la Mer Environnante et se dirige vers l' Est, en ligne droite, jusqu'à ce qu'il s' arrête au Nil, grand fleuve qui coule du midi et traverse l' Egypte. La moindre largeur de l' Areg est de trois journées."(3)

Ibn Khaldun, au XIV ème, semble moins enthousiaste qu' Al Bakri, quelques siècles plus tôt, sur le climat et l'environnement du Maghreb, ceci pourrait suggérer un changement de climat après le XI ème siècle. Mais cette idée reste incertaine, Ibn Khaldun semble décrire une région septentrionale fertile, et un de ses contemporain arabe, Ibn Battuta, -un grand voyageur qui s'attarde plus sur les personnes qu'il rencontre que sur les paysages-, décrit sa traversée de l' Afrique septentrionale d' ouest en est, où la pluie ne cesse de le poursuivre de manière incessante.(4) Lors de sa traversée du Maroc jusqu' au fleuve Niger, il rencontre de nombreuses zones désertiques dont certaines sont familières au Sahara actuel, cependant il fait ce voyage toujours à cheval, et si une occasion se présente d'aller en chameau, ceci arrive uniquement pour des raisons économiques, cet animal coûtant moins cher qu'un cheval.(5)

(1) Ignacio Olague, "Los arabes nunca invadieron España"


Autres témoins zoologiques du passé climatique de l' Afrique du Nord

Au début du XX ème siècle, vivaient en Afrique du Nord,  des autruches (qui n'aiment pas les climats trop humides) et des antilopes Adax, mais ont été rapidement annihilés par des chasses destructrices.
Les escargots étaient aussi largement présents dans la région, d'ailleurs les romains en avaient fait une industrie et un grand commerce pour les exporter dans tout l' Empire. Ces animaux ont un grand besoin évident d'un environnement de forets et d'humidité.
L' ours aurait été présent dans la région du Maroc, en 1867 on faisait état d'un ours offert par l' empereur du Maroc au jardin zoologique de Marseille. (1)
En cette même époque, on constatait la présence de crocodiles (2), en plein centre du Sahara, dans le Tassili, lieu dont a déjà parlé pour ses peintures rupestres 




L' Afrique du Nord selon Mercator en 1569
En 1569 Gerardus Mercator publiait une carte du monde (ci dessus), avec vraisemblablement des sources espagnoles et portugaises, dans laquelle l' Afrique du Nord à un visage différent de celui que l'on connaît de nos jours, dans laquelle le Sahara est baigné par un grand nombre de cours d'eau. Est ce que ces données proviennent des portugais qui ont commencé à explorer l' Afrique par voie maritime environ 100 ans avant la publication de ces cartes? Ou bien proviennent elles de sources plus anciennes comme celles des romains?
Quoiqu'il en soit, cette carte est un autre témoin d'une "autre Afrique du Nord" dans un passé qui n'est pas forcément lointain.

L' Afrique selon Mercator en 1569

Avec les massifs montagneux en rose

En superposant ces massifs de Mercator (en rouge) avec une carte topographique moderne de l' Afrique, on se rend compte de la très haute précision de l'ancien géographe

Cette carte montre la présence de deux grands lacs, aujourd'hui absents, dans l' ouest de l' Afrique, ainsi que de nombreux cours d'eau en plein Sahara


Localisation possible d'un de ces deux lacs

Image topographique de cette région

Vue satellite de cette région

Superposition de cours d'eau et de ce lac selon Mercator sur une carte topographique moderne

Vue satellite de la région du second grand lac de Mercator, près du lac Manantali crée en 1989

Cette région abrite un endroit idéal pour la présence d'un ancien grand lac (grand cercle) par la fermeture d'une section étroite (petit cercle)

Superposition de cours d'eau et de ce lac selon Mercator sur une carte topographique moderne


Autres cartes historiques de l' Afrique











Une carte portuguaise de 1508






Une carte hollandaise de 1570, au même moment où Mercator publie sa carte. Celle ci semble s' accorder bien plus avec nos conceptions modernes du Maghreb, même si le fleuve Sénégal se fond avec le fleuve Niger, où de nombreux cours d'eau présents selon Mercator sont ici absents.

Une carte française de 1707, où on confond encore le fleuve Sénégal avec le fleuve Niger, qui démontre une connaissance des terres de l' Afrique de l' Ouest plus que partielle à cette époque. Quelques petits "lacs" en plein Sahara, probablement des oasis, quelques cours d'eau au centre de cette région, mais on est vraiment loin de l' Afrique de Mercator!

En 1812, on connait toujours très mal la région du fleuve Niger, mais à ce moment cela semble définitif pour la cartographie, le Sahara est un immense désert vide


Conclusion
On peut raisonnablement admettre qu'il est fort probable que l' Afrique du Nord, dont le Sahara ont autrefois joui d'un climat bien plus clément et fertile, jusqu' à des époques historiques. De nombreux indices indiquent que c'était le cas au début de l' ère chrétienne, jusqu' au VI ème siècle de notre ére, moment où le chameau a véritablement substitué le cheval dans la région. Bien notre chronologie atteste d'une disparition des éléphants d' Afrique du Nord 200 ans auparavant, cette époque correspond étrangement avec "l'hiver nucléaire" de témoins européens de grands changements environnementaux du VI ème siècle ap JC.
Des sources arabes du IX ème et XI ème siècle témoignent d'un climat fertile dans le Maghreb septentrional, tandis que celles du XIV ème siècle peuvent dans une certaine mesure perpétuer cette optique, mais sont plus abondantes en détails sur la présence d'une barrière de sable qui longe méridionalement l' Afrique du Nord. La cartographie européenne semble avoir commencé à définitivement concevoir le Maghreb comme un désert à partir du XVI ème siècle, -époque qui correspond à la publication de la carte de Mercator aux sources certainement bien plus antiques que celles des explorateurs portugais et espagnols-, jusqu' à nos jours.  

Quand l'inflexibilité de la chronologie l' emporte sur l' impartialité scientifique


En lisant des articles de vulgarisation historique dans la presse sur de diverses fouilles, on présente souvent la méthode de datation au carbone 14 comme un argument scientifique, précis et infaillible. Cette méthode est basée sur la datation à partir d'un isotope radioactif, dont on connaît l' âge de vie, présent dans tous les organismes et l' atmosphère. Lorsqu'on retrouve des traces archéologiques, on peu observer l' âge de l' objet grâce à l' âge de l'isotope.




Cette méthode repose sur la conjecture que notre passé étudié, n'ai pas connu de variations radioactives dans l' atmosphère ces 5000 dernières années. Et qui de mieux pour en parler, que l' inventeur, Jack Libby: sa première analyse, sur une collection, apparemment, de l' Ancienne Egypte, qui dès la troisième analyse datait l'objet comme contemporain! On préféra en arrêter là, et Jack Libby admettra qu'il s' agissait d'un coup dur. Il n'était pourtant pas au bout des peines, puisque, pour l' historien, le carbone 14 ne donnera jamais de datation qui respecte la chronologie. Après une très longue liste d' épisodes de la même sorte, l' inventeur finira par admettre que la seule utilité de cette méthode est sur des objets dont on connaît déjà la datation grâce à d'autres références. Par exemple, lors de fouilles en Roumanie, on a retrouvé trois inscriptions que le radiocarbone datait de 6000 ans d' âge, si bien que ces résultats ont été écartés Les archéologues estiment que cette méthode est source d'erreur pour des raisons inconnues. En 1984, le magazine Technology and Science affirmait que des "centaines" d' analyses historiques au carbone 14 étaient datées avec des marges d'erreur d'entre 600 et 1800 ans. En mai 1970, Nature rapportait qu'une analyse de la matière organique contenue dans le mortier d'un château anglais connu pour avoir été construit 738 ans auparavant résultait une ancienneté de 7370 ans. Du fait de ces erreur et de leur marge, beaucoup de spécialistes et d'historiens bien informés écartent cette méthode. Les autres, très majoritaires, qui n'ignorent pas ces lourds défauts, présentent la datation par radiocarbone comme scientifique pour la bonne raison que ces énormes marges d'erreurs permettent de rester dans la logique chronologique, dans le cas contraire cette méthode est rejetée comme ça a été souvent le cas. Cela veut dire que cette méthode de datation scientifique, bien que lourdement imparfaite, est présentée comme telle si elle corrobore la chronologie dans ses énormes marges d'erreur, mais rejetée si elle ne rentre pas dans sa logique. Bien que dans ce cas ci cette méthode de datation scientifique doit raisonnablement être rejetée dans le cadre d'une recherche historique, ceci pourrait suggérer que dans le monde occidental, la chronologie historique aurait la priorité et le dernier mot sur la découverte scientifique, dans le cas où cette dernière contredirait la première, comme c'était le cas dans des études génétiques sur l' épidémiologie de la Peste Noire

-La datation au carbone 14 est irrévélante dans un contexte historique
-La datation au carbone 14, sensible aux variations de la radioactivité dans l' atmosphère, est admise pour être une source d'erreur, pour des raisons inconnues. Peut être, une grande catastrophe planétaire, il y a environs entre 1000 et 700 ans, démontrée par la plus grande présence d' ammonium dans notre histoire, estimée en 1014 ap JC (ou redaté en 1292 ap JC), présente dans des carottes de glace du Groenland, un événement curieusement ignoré par notre chronologie historique.

Ces informations, ainsi que leur sources documentées, et bien d'autres données sont disponibles dans le livre d' Anatoly Fomenko "History: fiction  or science? I"

La Mort Noire serait d'origine céleste


La Peste Noire est l'un des moments les plus controversé de notre chronologie par les historien, surtout par le fait de sa vitesse de transmission et par un taux de mortalité, tous deux hors du commun. Ainsi, certains ont suggéré la présence d'autres épidémies (type Ebola, anthrax) pour accompagner la peste, dont les souches antiques ne démontrent pas à ce jour une grande différence symptomatologique avec les pestes modernes. 
Mike Baillie, un dendrochronologue a publié plusieurs livres depuis 1999 sur le thème de plusieurs grandes catastrophes historiques, comme conséquence d' impacts de comètes. Ses analyses sur des arbres anciens de Sibérie, d' Europe, et d' Amérique du Nord et du Sud, ont révélé de grandes perturbations dans leur croissances, sous entendant de grandes catastrophes environnementales datées* en l'an -2354 av JC, -1628, -1159, -208. et l' an 540 ap JC. Cette dernière date corrobore justement avec la présence d' ammonium dans des carottes glacières du Groenland, vers cette date. La présence de ce composé chimique est une preuve scientifique de la désintégration d'une comète, puisque celui se forme par l' azote de l'aire et l' hydrogène, dans des conditions de pression et de températures extrêmes qui suivent l' arrivée dans l' atmosphère d'un gros corps. Ces calottes glacières ont démontré de l'ammonium pour l'an 539 ap JC, qui correspond avec la dernière date de Mike Baillie et qui est la seconde plus forte présence d' ammonium de l'histoire,l'an 626, l' an 1014, qui est l' année de la plus forte présence d' ammonium dans l' histoire, et de manière plus anecdotique, l' an 1908, qui correspond à la catastrophe de Tungunska,
Dans son livre "New Light on the Black Death: The Cosmic Connection", Mike Baillie estime qu'une comète s'est écrasée sur terre en l' an 540, provoquant des millions de morts pour les retombées environnementales et autres catastrophes conséquentes. Il enlève ainsi de l'importance à la peste de Justinien, comme responsable du haut taux de mortalité à ce moment, ce qui va dans le même sens que les analyses symptomatologiques des souches antiques de la Peste Noire, qui ne démontrent pas que cette maladie médiévale composait des symptômes très différents de la peste moderne. En ce qui concerne l'époque médiévale de la Mort Noire, Mark Baillie rassemble un grand nombre d'indices et témoignages historiques qui laissent penser que "l'histoire s'est répétée", c' est à dire qu'une autre comète y aurait commis des ravages, puisqu'il relie ces traces d'ammonium dans la glace à une autre comète, il y a 664 ans, dont il associe l'impact à un tremblement de terre déclaré  vers le 13 janvier 1348, provoquant une nouvelle fois de grands dégâts humains et une Grande Peste.
La dendrochronologie est loin d' être une méthode de datation toujours exacte, dans un contexte historique, à l' instar du Carbone 14, et la datation à partir de carotte de glace est moins critiquée mais en fait limitée par les même calibrages que les autres méthodes de datation (1). Mais faute de mieux on ne prendra en compte ici que de cette dernière méthode. Dans un document postérieur à son livre,(2) il apporte de nouvelles dates d'impacts, comme 1348 ou 1491 et plus de précision à ce sujet. Mais puisque les dates de 539 ap JC (il y a 1473 ans) et 1014 (il y a 998 ans) marquent la plus forte présence d'ammonium dans notre histoire, dans un ordre croissant et que 1348  (il y a 664 ans) est documentée de témoignages, nous prendrons ici en compte que celles ci.
La date de 539 ap JC des carottes glaciaire, celle de 540 de la dendrochronologie de Baillie, est aussi confirmée par des calculs d' astrophysiciens qui se basent sur la fréquence des étoiles filantes dans les Taurides, inscrite dans des archives chinoises datées a cette époque.

(1)On doit décider parfois de façon arbitraire, quelle est l la longueur d'une année sur la carotte de glace. 

Le triomphe de la Mort de Pieter Bruegel en 1562


Un découverte pertinente sous tous les points de vue
Cette découverte démontrée par la présence d'un composé chimique dans des carottes de glace du Groenland, et la dendrochronologie, remet largement en question notre perception sur notre passé, puisque notre chronologie actuelle ignore totalement de grands cataclysmes universels comme ceux présentés et argumentés par Mark Baillie. Bien que cette démonstration puisse quand même s'intégrer dans la chronologie scaligérienne, si on y admet des erreurs de datations sur quelques décennies, ainsi que l'absence de mention à ces catastrophes. 
De plus elle résous d'un trait, un des grands mystères inhérents à la Mort Noire, à savoir son pouvoir mortel, à grande échelle, et de manière soudaine, qui ne correspond pas avec ce que l'on sait de la peste. Une immense catastrophe de la nature de l'impact d'une comète tue un grand nombre de personnes rapidement, et soumet les survivants à la sous alimentation et avec un système immunitaire affaibli, n'importe quelle épidémie de peste, d' anthrax ou autre, et devient tout autant meurtrière que la cause première.
Dans le cas où les rats seraient porteurs des pestes antiques à ce moment, le chaos environnemental peut permettre des migrations massives et affolées, bien que ce ne soit pas confirmé par les témoignages historiques et difficile à imaginer avec le climat supposé des zones touchées par la Mort Noire, à ce moment.

Témoignages historiques d'une catastrophe majeure à l'époque de Justinien
Cassiodore, homme politique et religieux de la péninsule italique, durant l' année approximative de 536 ap JC: " (on) ...nous apprends que dans l' année où il écrit, il y a eu en Italie un temps à près semblable à celui que nous avons éprouvé depuis peu en France, durant plus de dix huit mois; un printemps sans températures douces, un été sans chaleur, un fort grand froid pendant les mois qui devait faire mûrir les fruits, un soleil affaibli et presque éteint, non dans le seul moment d'une éclipse, mais pendant le cours de toute une année..."(1)

Toujours en 536, le byzantin Procope de Césarée: "Pendant cette année, un signe de mauvaise augure a eu lieu, Le soleil a donné sa lumière sans éclat [...] et il a paru avoir comme une éclipse, parce que ses rayons ne brillaient pas."

Jean le Lydien (490-565?), fonctionnaire byzantin: "Le soleil est devenu sombre...pour presque toute l'année...ainsi que les fruits ont étés tués à un moment inopportun." (2)

Michel le Syrien (1126-1199), patriarche de l' Eglise syriaque orthodoxe au sujet de l' année 536: "Le soleil s'est obscurci et cette obscurité a duré 18 mois. Chaque jour, il ne s'est montré que durant quatre heure, et sa lumière était faible. Les fruits ne mûrissent pas et le vin a le goût des grappes acides" (3)


Témoignages historiques d'une catastrophe majeure durant l'époque médiévale

Un auteur contemporain de Padoue, au sujet du 25 janvier 1348: "Dans la trente et unième année de l' empereur Louis, vers la fête de la conversion de St Paul (25 janvier), il y a eu un tremblement de terre dans toute la Carinthie et Carniola qui fut si sévère que tout le monde craignait pour sa vie. Il y eut des chocs répétés, et une nuit la Terre trembla 20 fois. Seize villes furent détruites et leurs habitants tués...Trente six forteresses de montagne et leurs habitants furent détruits et on a calculé que plus de 40000 hommes furent engloutis ou ensevelis.

(L' auteur continue à dire qu'il a reçu l'information d'une lettre de la maison de Friesach adressée au prieur de la province d' Allemagne):

"Il dit dans la même lettre cette année-là (1348) du feu tombant du ciel consuma le pays des Turcs pendant 16 jours; que pendant quelques jours il plut des crapauds et des serpents, qui tuèrent beaucoup d'hommes: qu'une pestilence s'est renforcée dans beaucoup de parties du monde.(1)

Un autre témoignage, tiré du livre de samuel Cohn (2): "....un dragon à Jérusalem comme celui de Saint Georges qui dévora tout ce qui croisait son chemin.....une ville de 40000 habitants...totalement démolie par la chute du ciel d'une grande quantité de vers, gros comme le poing avec huit pattes, qui tuèrent tout le monde par leur puanteur et leurs vapeurs empoisonnées."

Un témoignage du frère dominicain Bartoloméo (2): "....de massives pluies de vers et de serpents dans certaines parties de la Chine, qui dévorèrent de grands nombres de gens. Également dans ces endroits, le feu pleuvait du ciel sous forme de neige (cendre), qui brûla les montagnes, le pays, les hommes. Et de ce feu monta une fumée pestilentielle qui tua tous ceux qui la sentaient en moins de vingt-quatre heures, comme ceux qui ne virent que le poison de cette fumée pestilentielle."

Un traité allemand de 1348 (1): "Tant que la mortalité provient de causes naturelles, sa cause immédiate était une exhalaison de la terre polluée et empoisonnée qui infecta l'air dans diverses parties du monde...Je dis que ce fut la vapeur et l'air pollué qui ont été exhalés- ou pour ainsi dire purgés - dans le tremblement de terre qui s'est produit le jour de St Paul [en 1348], avec l'air pollué exhalé dans d'autres tremblements de terre et éruptions, ce qui a infecté l'air au-dessus de la terre et a tué les gens dans diverses parties du monde."

(1) Rosemary Horrox, "Black Death"
(2) Samuel Cohn, "The Black Death and the Transformation of the West"

Deux sortes apparentes de témoignages 
Les témoignages datés de l'époque de Justinien se focalisent sur un long hiver "nucléaire" tandis ceux de la Mort Noire évoquent plutôt de nombreux tremblements de terre, et un air "empoisonné" qui fait des ravages. Pourtant, c'est Isidore de Séville (570-636), dans son Etymologiae, qui devint largement acceptée dans toute l' Europe durant le Moyen Age, qui va donner un sens au mot "pestilence". Il partagea le terme en trois syllabes, chacune ayant un sens particulier: pes = tempesta: "tempête": te = temps, lencia = clarda: "clarté, lumière", en conséquence, la pestilence était "le temps de tempête causé par la lumière des étoiles."
Il existe des théories historiques sur l' action de volcans, qui seraient les coupables de l' hiver "nucléaire" mentionné par nos témoins du passé (1), notamment le fameux Krakatoa, cependant comme le dit bien Mark Baillie cette hypothèse ne s'appuie sur aucune preuve (2), et le nombre d'objections raisonnables est tel que l'on peut l' écarter en toute tranquillité. 
Cet "hiver nucléaire" serait vraisemblablement dû à une méga-explosion provoquée par la chute d'une comète sur notre terre, puisque les traces d'ammonium dans la glace le confirment. Tandis que des tremblements de terre en grande proportion sur une courte période sont une conséquence logique d' un impact violent sur notre planète et que l' "air empoisonné" peut, comme le souligne Mike Baillie,  provenir de deux causes: des transformations chimiques à haute énergie dans l' atmosphère ou bien des émanations de gaz de la terre elle-même, comme lors de l'explosion de gaz du lac Nyos au Cameroun en 1986, la première cause étant bien plus sensée si on parle d'un phénomène de grande envergure, comme c'est apparemment le cas. De plus, cette fois ci, cette cause, plutôt que la peste bubonique, explique bien sa rapidité inouïe de propagation.
Les deux effets, "hiver nucléaire" et "l' air empoisonné" ont le point commun de requérir une gigantesque explosion, et de pouvoir être éventuellement associées au même événement, "un hiver nucléaire composé d' air empoisonné"....


Gravure sur bois de 1577 à Prague

Incohérence de la chronologie historique avec les carottes de glace avec ammonium.

Bis Repetita, des traces d'ammonium ont été retrouvées dans des carottes de glace du Groenland, estimées à l'an 539 ap JC (il y a 1473 ans), qui correspond avec la dernière date trouvée par Mike Baillie et qui est la seconde plus forte présence d' ammonium de l'histoire, l' an 1014 (il y a 998 ans), qui est l' année de la plus forte présence d' ammonium dans l' histoire,  et 1348 (il y a 664 ans).
D' un point de vue de la chronologie historique traditionnelle, c'est à dire dans le cas où toutes les dates historiques ici données sont exactes, la première date (539) peut s'imbriquer parfaitement dans l'époque de Justinien, ainsi que la dernière (1348) dans celle de Bocacce. 
Mais voilà le problème, si l' impact "secondaire" d' il y a 1473 ans (539) a pu provoquer un hiver nucléaire et que l' impact encore moins important de 1341 (il y a 664 ans) a pu provoquer des nuages ou des courants d'air toxiques, qu'en est il de l' énergie encore plus fortement déployée en 1014, il y a presque tout juste mille ans? Où se cache donc cet impact majeur dans notre chronologie? Peut être faut il l'oublier?
On a vu que les témoignages des épisodes datés en 539 et 1341 existent, mais alors, pour quelle raison les concepteurs de notre chronologie historique ont "oublié" de mentionner l'importance de ces grandes catastrophes environnementales démontrées par la science? Seule l' arrivée récente de la science en histoire a permis de le considérer. Peut on prendre ce silence méprisant de la chronologie historique à ce sujet comme suspect?
Ce n'est pas l' approche pertinente et originale de Mike Baillie qui peut être critiquée, celui ci, comme presque tous les scientifiques, a une confiance aveugle en notre chronologie scaligérienne, pour ne pas s'être donné la peine de l' avoir examiné sérieusement. Celui ci ne fait que tenter d' adapter ses données scientifiques avec cette chronologie, qui elle est étrangement toujours restée silencieuse sur ces grandes catastrophes humaines et environnementales.

Des données à prendre avec pragmatisme

Si on connaît la méthode de travail de la datation des carottes glaciaires (1), du carbone 14 ou de la dendrochronologie, on se rend compte que celles ci dépendent toujours de la chronologie historique, se calibrent par rapport à celles ci, ainsi cette démarche ne pourra jamais remettre en question notre chronologie historique, conçue par des religieux il y a plusieurs siècles, on adapte ainsi la science à l' histoire, plutôt que d' adapter l' histoire à la science, comme le fait la démarche récentiste.
Ne discutons pas plus, on retrouvé plusieurs traces d'impacts de comètes à travers l' histoire dans la glace du Groenland, à travers la présence plus ou moins importante d' ammonium. Chose tout à fait logique si on considère les risques d'impacts importants d'objets venants de l' espace. Mike Baillie souligne que de nombreux scientifiques de haut niveau et agences de gouvernement prennent ces choses au sérieux, bien que c' est toujours ignoré, marginalisé et ridiculisé aux yeux du grand public via les médias dominants. 
Quoiqu'il en soit, deux impacts majeurs ont eu lieu, le premier il y a environs 1473 ans, et un second plus important, il y a environs 998 ans. Un autre impact, moins important aurait eu lieu il y a environs 664 ans. Associer avec certitude certains de ces événements avec des témoignages historiques à la datation plus qu'incertaine relève d'une aberration. De plus, la chronologie historique traditionnelle pourrait en expliquer deux d' entres eux, mais ne pourrait le faire pour l'impact de comète le plus important de notre histoire, qui a eu lieu il y a presque 1000 ans.
Mike Baillie nous offre une liste de dates d'impacts plutôt fournie, et il est évident que tous n'ont pas systématiquement changé la face du monde et son environnement dont les effets sont passés inaperçus, pour cette raison toute notre attention se porte sur l'impact considéré comme le plus violent, daté en 1014 années après la naissance mythique du Christ, un événement ignoré dans notre chronologie.



Mais une autre donnée "scientifique" peut compliquer les choses, les fameuses courbes de notre température moyenne, durant notre histoire. Mais ces données sont mesurées par la variation de carbone 14 dans le bois ancien, par rapport à l' actuelle. Il faut savoir que cette méthode de datation repose sur la supposition que la composition de notre atmosphère soit restée la même, ce qui est bien évidemment faux, comme par exemple les recherches de Mark Baillie, le démontrent. Sachant cela, des corrections ou calibrages sont nécessaires, et ceci toujours par rapport à l'indiscutée chronologie historique. Ce sont donc des données à prendre avec des pincettes.
Si on compare ces courbes avec les résultats de Mark Baillie, on peut y constater une baisse significative de la température il y a environs 1473 ans, qui correspond à l' année 539 ap JC. Cependant les témoignages historiques estimés à cette époque parlent bien d' un hiver "nucléaire" qui aurait duré 18 mois environs et ces courbes ne présentent aucune baisse de température comparable à un tel évènement. Est ce que ce sont plusieurs témoignages historiques qui se recoupent qui se trompent ou bien est ce l' estimation des températures passées grâce au carbone 14 qui n'est définitivement pas du tout fiable?
Avec cela, ces courbes ne sont pas du tout fidèles aux carottes de glaces du Groenland qui démontrent l' impact majeur d'une comète dans notre histoire en plein "optimum climatique médiéval" et le "Petit Age glaciaire" aurait connu une plus grande baisse de température, que durant "l'hiver nucléaire" des contemporains de Procope de Césarée. Nous avons donc ici deux résultats "scientifiques" sur notre histoire ancienne qui ne corroborent pas, de même qu' aucune d' entre elle n'est réellement fidèle à notre chronologie historique. Pour être la "moins imparfaite" d'entre toutes, ce sera la datation à partir de carottes glaciaire qui sera ici retenue, au détriment du controversé carbone 14.

Si on admet notre chronologie historique traditionnelle comme exacte, un impact de comète aurait provoqué un désastre tel qu'un long "hiver nucléaire" de 18 mois, vers 540 ap JC, et un autre impact en 1348 aurait provoqué de nombreux tremblements de terre, et empoisonné l'air. Malheureusement, l'impact majeur de 1014 ap JC semble ne jamais avoir eu lieu dans notre histoire. Voici peut être un nouveaux défi pour les historiens.



La peste et ses mystères


L' humanité a du connaître depuis longtemps un grand nombre d'épidémies, par son contact avec des animaux domestiqués ou non, ou pour d'autres raisons, dans tous les cas il sera difficile de les identifier. Mais il existe cependant deux grandes épidémies historiques très connues pour leur mortalité, pour leur rapidité de diffusion, et bien sur parce qu'elles sont un petit peu documentées, il s'agit de la peste de Justinien qui a frappé le bassin méditerranéen de 541 à 767 et de la Peste Noire qui a touché l' Europe, l' Afrique du Nord, et le Makrech entre 1347 et 1352.

Pour vérifier si les correspondances entre la datation "Anno Domini" et "Ab Urbe Condita" sont pertinentes ou non (voir l'article précédent) nous allons observer les points communs et les différences entre ces deux événements, ainsi que d'autres pistes qui puissent nous aider.

Points communs entre la peste de Justinien et la Peste Noire
Symptômes: Même si les symptômes décrits par les témoins de la peste de Justinien et de la Peste Noire dépassent parfois le champ de ceux l'on connaît de la peste moderne, toutes deux décrivent des symptômes propres à cette maladie, et surtout, coïncident, comme le décrivent Procope de Césarée témoin en 542 et Boccace en 1349. 

Taux de mortalité hors du commun: Ces deux épidémies auraient a elles seules décimé entre 30% et 50% de la population touchée. Il existe de part le monde, de nombreux foyers de peste moderne faisant toujours des victimes, cependant les taux de mortalité sont incomparablement plus faibles que les deux fléaux historiques.

Vitesse de propagation hors du commun: En 664, on a rapporté  que la peste de Justinien s'est répandue de 385km en 91 jours, la Peste Noire s'est étendue à raison d' 1,5 km par jour à travers la France, alors que la peste moderne se répand à raison de 12-15 km par an. Ainsi, la vitesse de propagation surpasse de très loin la vitesse de propagation de la peste moderne qui est pourtant aidée par les transports modernes

La même source d'inspiration de certains témoignages: Le témoin de la peste de Justinien à Constantinople, Procope de Césarée, ainsi que le témoin de la Peste Noire dans la même ville, Kantakouzènos, ont le trait commun de s'être inspiré du même texte pour faire leur description des deux épidémies. Tous deux ont tirés leur proses de Thucydide qui décrivait la "peste" d' Athènes, en fait vraisemblablement touchée par le typhus. Seuls les symptômes différèrent dans leur textes aux mêmes procédés littéraires que Thucydide (1).



Différences entre la peste de Justinien et la Peste Noire
Origines géographiques: La peste de Justinien aurait pour origine selon Procope de Césarée, l' Egypte pour se diffuser à Constantinople et se répandre en Europe et sur les bords de la Méditerranée, tandis que la Peste Noire aurait été d'abord été identifiée à Caffa, sur les bords de la Mer Noire, ville génoise assiégée par des troupes infectées de la Horde d' Or, la fuite des génois ont ensuite transmis l'épidémie à Constantinople, l' Egypte et dans le bassin méditerranéen. Malgré tout, il reste quelques incohésions chronologiques sur la peste de Justinien qui a supposément débuté en 542 en Egypte alors que le premier contact des arabes avec ce fléau , nommé dans ces sources la "peste d'Emmaus", est quand le calife Omar entre en Palestine en 639. 

Durée du fléau:  L' épidémie a duré 226 ans pour la peste de Justinien et 20 ans pour la Peste Noire. Cette différence peut être reconsidérée si on constate que la peste, a continué à ravager l' Europe 376 ans après la Peste Noire, qui était elle bien plus mortelle.

Expansion du fléau: Pour la France, dont Grégoire de Tours offre le principal témoignage de l' époque de la peste de Justinien, nous avons de petites différences sur les modalités d' expansion sur ce territoire. la peste de Justinien aurait d'abord touché Arles et Clermont, selon ce témoin, avant qu'un navire en provenance d' Espagne ne contamine Marseille, ce qui fait une différence avec la Peste Noire et ses navires génois qui entrent à Marseille pour ce répandre dans l' hexagone. Cependant, Grégoire de Tours ne semble pas dater ses écrits, et l' anno Domini est apparu plus tard, ce qui rend ses datations incertaines. C'est donc une autre différence nuancée. 



La recherche sur l'origine épidémiologique de la Mort Noire

Malgré la présence de documents historiques de témoins oculaires directs, ces deux épidémies gardent leur mystères quand à savoir s'il s'agissait de la peste bubonique et/ou pulmonaire, ou une autre infection, pour la bonne raison qu'il existe de grandes différences entre ces épidémies historiques et les pestes que nous connaissons. Certains chercheurs ont même évoqué plutôt un virus de type Ebola (1). C'est dans cette incertitude que des fouilles sur des restes de victimes des pestes ont été faites, en prélevant les dents des squelettes, qui sont les pièces qui conservent le mieux les traces éventuelles de peste.
Tout a commencé en 2000 quand Eric Raoult et son équipe ont déclaré avoir des preuves génétiques de présence d' Y Pestis dans le tissu pulpaire de restes d'un cimetière du XIV ème siècle à Montpellier. (2) Cependant, en 2003, Susan Scott de l' Université de Liverpool, faisait valoir dans The New Scientist (3), qu' il n'était pas prouvé que les restes utilisés par Didier Raoult provenaient de charniers de la Peste Noire. D' autant plus, qu' auparavant, durant la même année, Alan Cooper, de l' Université d' Oxford avait testé suivant la même méthode 121 dents provenant de squelettes trouvés dans des fosses communes du XIV ème siècle -comme à Angers, Verdun ou Copenhague, y compris des lieux où le cumulage de victime de la "Mort Noire" est documenté, comme East Smithfield et Spitalfields à Londres- et le résultat s' est avéré négatif. (4)(5)
Quatre ans plus tard, en 2007, Didier Raoult rééditait une autre étude avec la même méthode génétique, sur des dents de plusieurs centaines de squelettes de divers anciens charniers en France, dont deux connus pour être des fosses communes de victimes de la peste vers 1720, à Marseille et à Martigues.(6) Cette étude comprenait aussi des lieux de victimes "probables" de la Peste de Justinien du VI ème siècle, dans la Vienne. Le résultat s'est avéré positif mais le bilan reste discutable, sur 12 squelettes dans la Vienne, 18 dents de 5 squelettes avaient des traces d' Y Pestis, sur 205 squelettes à Martigues, 13 dents de 5 squelettes avaient ces traces, et sur 216 squelettes à Marseille, 5 dents de 3 squelettes ont donné positif. Si l'on ajoute le manque de certitude que le site choisis dans la Vienne soit bien celui de victimes de la Peste de Justinien ("démontré" par le carbone 14 dont nous reviendrons sur son "calibrage" et sa fiabilité), malgré tout, Didier Raoult tirait la conclusion que l' Y Pestis de type Orientalis est la cause des "3 pestes historiques"
Toutefois, en 2010, une autre étude (7), d'une équipe internationale, viendra confirmer ce point de vue, malgré de larges contradictions avec les travaux de Didier Raoult. Cette étude ambitieuse s'étendait sur 5 sites, "pouvant" être des lieux de fosses communes de victimes de la Mort Noire, durant les années de son apparition vers 1350: à Parme en Italie, Augsbourg en Allemagne, Saint Laurent de la Cabrerisse en France, Hereford en Angleterre, et à Bergen op Zoom aux Pays Bas.
Sur un total de 76 squelettes découverts dans ces sites, 10 restes provenant de France, d' Angleterre et des Pays Bas ont démontré des traces d' Y Pestis. 1 cas positif sur 6 squelettes testés en France, 2 cas positifs sur 12 squelettes testés en Angleterre, et 7 cas positifs sur 43 squelettes trouvés aux Pays Bas. Il s'avère que son type de peste identifié est différent de celui observé par Didier Raoult, et qu'il s'agit d'un type ancestral différent des pestes modernes connues Orientalis et Medievalis, et ils en ont identifiés deux souches distinctes sur ces sites, une différente aux Pays Bas.
En 2011, une équipe de chercheurs composés d' Hendrik Poinar et Johannes Krause analysaient (8) ce type de restes de la période de la Peste Noire et concluaient que l' Y Pestis trouvés dans ces dents était de nature distincte des formes modernes d' Y Pestis. et que sa proximité avec l' origine en faisait l' ancêtre le plus ancien des souches modernes, et estimaient que la peste de Justinien ne pouvait relever que d'un autre agent pathogène que l' Y Pestis, et affirmait: "la Mort Noire est la grand-mère de toutes les pestes modernes" (9).
Cependant la même année, Mark Achtman un autre expert en la matière applaudissait mais contestait ce détail se souvenant sans doutes des fouilles sur des restes d'un site supposé être de victimes de la peste de Justinien par Eric Raoult en 2007 avec des traces d' Y Pestis orientalis, c'est à dire une des trois souches modernes de la peste, qui est vraisemblablement la fouille la plus ancienne concernant l' analyse d' Y Pestis. Cette donnée aurait été écartée par l' équipe de Krause, jugée non fiable: les seuls arguments présentés pour dater ce site dans la Vienne, étaient une pièce estimée du V ème siècle trouvée dans les lieux et la datation par carbone 14.(10) 
Atchman réalisait plus tard un "arbre généalogique" de la peste (11), en tenant compte de ces deux souches antiques trouvées dans les fouilles de la Mort Noire, les plus anciennes jamais trouvées dans le monde, et en tenant compte des variations génétiques des ces anciennes souches avec les souches modernes. Voici cet arbre, critiqué, simplifié, légèrement revu et corrigé à partir de données supplémentaires, dans cet excellent et très sérieux site sur les épidémies historiques. (12)



Atchman ne peut dire quelle souche antique a pu provoquer la Peste de Justinien, mais ses observations sur les séquences génétiques, suggèrent la Chine comme berceau géographique de ce fléau, et propose que le passage de la peste d' Asie jusqu'à l' Afrique se soit faite par les expéditions chinoises de Zheng He au début du XV ème siècle. Le site "Contagions" admet qu'il est "un peu optimiste" avec les dates, ainsi que les taux de fréquences de l' horloge de mutation des ces souches, qui ne corroborent pas avec ceux observés sur de plus courtes périodes, ces derniers bien plus rapides. D'autant que son identification "sans équivoque" de la Chine comme origine n' est pas démontrée par la présence concrète d' Y Pestis antique, comme ça l'est en Europe, mais par la comparaison avec des pestes epizootiques de foyers aujourd'hui naturels en Chine, ou en Angola, des maladies innofensives pour de grands mammifères comme nous. Ce scientifique semble plus inquiet de corroborer avec notre chronologie que d' offrir une conclusion rationnelle et indépendante de ses recherches, mais il faut bien manger comme tout le monde. Le site "Contagion" n'a pas tord de considérer "l'explication" des expéditions de Zheng He comme moyen de transmission en Afrique, tirée par les cheveux. D'autant plus que bien des siècles auparavant, la peste était vraisemblablement déjà présente en Egypte, prête à tuer la moitié de la population européenne sous Justinien...et serait déjà identifiée sur le papyrus d' Ebers datée en l'an -1534...alors que penser? Si un spécialiste en génétique ancienne comme Poinar - qui a en plus la présence d'esprit et l' impartialité de ne pas faire confiance au carbone 14 dans un contexte historique-,  affirme que les souches de peste antique trouvées dans des charniers médiévaux sont si "archaïques" qu'elles n'ont pas pu exister longtemps auparavant  mais qu'un historien lui répond que c'est impossible parce que son livre lui dit que la peste était présente sous Justinien, que c'est d'abord apparu en Chine ou que des égyptologues ont datés un document décrivant des symptômes de peste sous l' Ancienne Egypte, que faut il faire? Qui faut il croire? Le généticien ou l' historien?
Qui a raison? Hendrik Poinar ou Mark Atchman? Quoi qu'il en soit, les deux pestes historiques gardent tous leur mystères. On ne peut être certain d'en localiser l'origine géographique, ou encore d' expliquer les grandes différences symptomatologiques décrites par les témoignages historiques et la peste moderne; avec la grande proximité génétique, quoique distincte, entre les deux pestes antiques et les souches modernes. Les analyses sur la question n'ont pas relevé de grandes différences avec les pestes modernes. Ce qui pousse certains chercheurs comme Poinar, et d'autres, à supposer la présence, durant l'époque de la Mort Noire, d' autres maladies que la peste, qui ont agis en parallèle pour provoquer un tel massacre et se répandre aussi rapidement. Il est peu probable que l' Y Pestis antique identifié en Europe en soit le seul responsable, bien que Poinar suggère que l' absence de tout véritable médicament à l'époque puisse rendre la peste si mortelle. 

Pourtant une autre découverte scientifique faite plusieurs années auparavant va apporter de nouvelles lumières sur les pestes historiques...


Anno Domini = Ab Urbe Condita?


Mis à part le fait que nous n' ayons pas plus d'éclaircissement sur les termes  "Anno Domini" et "anno Incarnationis Domini", dans le Moyen Age, nous pouvons constater que l' utilisation de ces termes durant le Haut Moyen Age, où l' Eglise démontre par exemple son incapacité à normaliser la date de la fête de Pâques, relève de l' ironie, puisque "la domination de l' incarnation" de Jésus Christ ne commencera qu' au XI ème siècle, où il commencera a être mentionné. Le plus curieux est que comme il a été dit, l'utilisation de ce genre de terme est comme une marque d'autorité, et que durant le Haut Moyen Age, l' Eglise n' utilise pas la marque d'autorité de  l'"'incarnationis" de Jésus, mais utilise la méthode romaine de l'indiction pour se dater, tandis que l'utilisation des termes "Anno Domini" et "anno Incarnationis Domini",  durant la même période est le fait presque exclusif de souverains. Ces rois étaient ils plus dans le besoin de se servir de cette référence supposée au Christ que l' Eglise durant le Haut Moyen Age? Tout porte à croire que non. Est on certains que les termes  "Anno Domini" et "anno Incarnationis Domini" font automatiquement référence à Jésus Christ?

Domini

En latin Domini signifie seigneur, et nos historiens ont attribué tous les "Anno Domini" (l'an du seigneur) et autres "anno Incarnationis Domini" (l'an de l'incarnation du seigneur) du Haut Moyen Age, à la naissance de Jésus Christ, sans même le mentionner, alors que l' ajout de son nom commencera que durant le Bas Moyen Age, et que même les autorités chrétiennes de cette période ne le mentionne pas, ce qui semble peu logique et une telle association, tirée par les cheveux. Malgré le petit nombre de détails examinés depuis le premier chapitre, on peut déjà constater une immense influence culturelle Romaine durant le Moyen Age. Est ce que les Romains ont utilisé les termes "Domini" et "Incarnationis"?
Il faut d'abord savoir qu' Auguste, premier empereur romain, fils adoptif héritier de Jules César, deviendra aussi Pontifex Maximus, c'est a dire chef de la religion, et ce titre (que les papes porteront plus tard) va se perpétuer pour ses successeurs. Cela veut dire tout simplement dire que la religion et l' état sont indissociables dans l' Empire Romain. Le souverain y est une personne sacrée, comme dans beaucoup d'autres sociétés historiques. Plus tard, Septime Sévère va amplifier cet aspect en se faisant couramment nommer dominus ou dominus noster. Lorsque Constantin se convertira opportunément au christianisme, il gardera toujours le titre de Pontifex Maximus. A ce point, il y a déjà autant d'indices qui associent "Anno Domini" avec l' Empire Romain (Septime Sévère et ses successeurs), que d'indices qui associent "Anno Domini" avec l' ère chrétienne (Denys le Petit et Bède le Vénérable). Le terme "Anno Domini" pourrait autant se référer à l' Empire Romain qu' à la naissance du Christ.

Incarnationis

Et le terme Incarnationis? Du latin incarnation, ce terme est toujours utilisé dans un contexte de religion, même si le site "Histoire critique du christianisme romain" remarque que la papauté "fixera l'origine de sa puissance à la date de l'accession de son dieu à l' Impérium, c'est à dire à la date de son Incarnation supposée." ce qui peut associer "Incarnationis" avec " Imperium".(1) Cette remarque audacieuse se justifie totalement par le fait que les Pontifex Maximus de la papauté on démontré être une sorte de continuité avec l' Empire Romain, en utilisant par exemple leur calendrier, de manière exacte, 1000 ans plus tard. Auguste, Pontifex Maximus, a divinisé Romulus, mythique fondateur de la ville de Rome et à en même temps attribué un caractère sacré à l' Empire Romain. Cette "adulation" a t'elle disparue avec lui? Si ce n'est pas le cas comme nous allons le voir de suite, le terme "anno ab incarnationis domini" du Bas Moyen Age peut très bien se référer à "l' an de l'incarnation de notre seigneur", Romulus, à savoir une datation à partir de la fondation de Rome, plutôt qu' à partir de la naissance de Jésus, mentionée de manière anecdotique par Denys le Petit et abandonnée durant presque 500 ans. Quand à Bède le Vénérable, -a qui on prête historiquement "la diffusion de l'ère chrétienne en Europe"-, il faut rappeler qu'il n' a jamais mentionné d'ere chrétienne et qu'il a commencé son récit historique de l' Angleterre par une dédicace et une révérence à "Jules César, Claude, le passé de Rome, dont la création calculée par Varron 753 ans avant la naissance supposée du Sauveur christianisme constitue le point de départ de toute chronologie"(1)

(1) Histoire critique du christianisme romain

Ab Urbe Condita
Ab Urbe Condita, du latin "à partir de la fondation de la ville" est le titre d'un livre de Tite Live qui a écrit toute l'histoire de Rome et son empire depuis sa fondation. Il reprenait les travaux de l'écrivain Varron qui avait daté la fondation de Rome à -753 années avant Jésus Christ. Lorsqu'en 1430, les autorités religieuses "redécouvrent enfin" des textes anciens de l'époque Romaine, ils vont utiliser l' Ab Urbe Condita (AUC) comme référence historique du glorieux passé romain pour dater ces événements. Cette méthode de datation n'a apparemment jamais été utilisée par les romains, ni même Denys le Petit à qui l'on prête la "fixation" de la naissance de Jésus en 753(AUC) alors qu'il ne cite jamais ce chiffre ou le nom de Varron et ne s'appuie que sur le calendrier Dioclétien. Et tout porte à croire que Bède le Vénérable estimait l'idée de l' AUC, en ayant eu sans doutes accès aux écrits de Tite Live et/ou Varron, comme point de départ effectif de toute chronologie, bien plus que l'ère chrétienne qu'il ne mentionnait pas. Evidemment, l'estimation de Denys le Petit en 525 (1278 AUC) de la naissance de Jésus le 25 décembre 753 AUC est plus ou moins exacte selon les indications historiques de la Bible, et on connaît étrangement bien mieux 500 ans d'histoire romaine plutôt que 1000 ans plus récents du Moyen Age. 
Ce qui veut dire que Denys le Petit se trouvait vraisemblablement bien à 247 ans du règne de Dioclétien et à 525 ans du règne d' Auguste ou la naissance de Jésus Christ. Mais pour le reste, il faut admettre avec honnête que nos certitudes sur notre histoire chronologique de notre Moyen Age, sont bâties sur des fondations bien maigres. Avec les indices accumulés précédemment, pour quelle raison pourrait on associer systématiquement l' Anno Domini du Haut Moyen Age à l' ère chrétienne? Peut être parce que ce sont justement les autorités chrétiennes qui sont l'origine documentaire de notre chronologie historique connue?

D' étranges correspondances

Une lecture du superbe site web Histoire critique du christianisme permettra de le constater: la papauté devenue indépendante de l' Empire Romain déchu, a toujours tenté de dissoudre les possibles affiliations apparentes avec l' Empire Romain qui sont pourtant nombreuses.
Les autorités chrétiennes et leur historiens des années 1430 ont très bien pu volontairement ou non, dissocier Anno Incarnationis Domini et Ab Urbe Condita, pour se démarquer historiquement de l' Empire Romain. Cela pouvait aussi utilement allonger l' histoire du christianisme de plusieurs siècles, histoire de pouvoir légitimer facilement sa domination Sans se demander pour l'instant, pour quelle étrange raison on a mis 1000 ans pour retrouver des textes d'une culture qui a continué a imprégner le Moyen Age, l' ancienneté apparente des ruines romaines en 1430 a aussi très bien pu induire en erreur ces historiens qui ont considéré que ces deux termes de datation ne pouvaient indiquer la même chose. Pourtant notre chronologie historique, très souvent confuse comme nous le verrons tout au long de ces articles, ne manque pas de cohérence si l'on considère l' Anno Incarnationis Domini  et l' Ab Urbe Condita comme la même chose. Ainsi certains mystères de la datation Anno Domini du Haut Moyen Age trouvent un nouveau sens quand on fusionne les deux méthodes de datation, ainsi que d' étranges correspondances historiques.


Peut on penser qu'il s'agisse de 4 coïncidences fortuites? Pour en savoir plus, nous allons analyser brièvement l'un de ces événements, dans ce cas ci, la peste de Justinien et la Peste Noire...


Ce texte est largement inspiré du très bon article de Sandrine Viollet, docteur en histoire, publié sur le site du récentiste français François de Sarre: "Sommes nous en 2010 après la fondation de Rome?"